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  • Photo du rédacteurVe Ch

De l'or dans les mains

Quand j'étais jeune, les maths, la physique-chimie et la techno ... Ce n'était pas vraiment mon truc ! Pour être honnête, j'étais carrément super giga nulle et je me souviens encore des torrents de larmes versés sur des histoires de robinet ou de train dont je ne voyais pas l'intérêt de calculer le débit ou la vitesse... Je leur préférais largement le français, les langues ou encore l'histoire de France, qui m'emportaient tous les trois dans de beaux voyages que je me promettais toujours de découvrir "quand je serais grande".

Moi, ce qui me faisait vraiment vibrer, c'était de m'évader par la lecture ou de créer mon propre univers : dessiner, composer des poèmes, ou des chansons, créer des vêtements pour mes poupées … ça, c'était ce que j'aimais ! Sans jamais penser que ces intérêts pourraient m'amener à un métier ... Avec un milieu familial qui ne poussait pas forcément dans cette direction, j'aurais certainement beaucoup aimé que l'on me parle d'autres formes d'intelligence et de réussites que celles des voies traditionnelles vers lesquelles on avait tendance à nous orienter à cette époque. Qu'on me dise qu'être imaginative et créative peut permettre d'avoir de très beaux parcours. J’ai pourtant fait comme Obélix : tombée dedans depuis toujours, je suis restée là où je suis aujourd'hui sans vraiment y penser, sans prendre de décisions ou faire d'efforts particuliers. Quand j'y pense, je trouve que j'ai eu une chance inouïe ! Et pourtant...

Et pourtant, il n'y a pas un jour où je n'ai pas besoin d'utiliser l'une de mes anciennes bêtes noires. Les maths, la physique, la chimie et la techno sont bel et bien mes compagnes de route et il n'y a pas un jour où je ne regrette pas de ne pas avoir été plus assidue lorsqu'on me les enseignait. Sans compter que j'ai longtemps eu ce sentiment d'être " à côté de la plaque" faute d'être " dans la bonne case ".

A l'époque, on poussait vraiment les jeunes à se concentrer sur les études "traditionnelles". Les métiers manuels n'étaient vraiment pas valorisés, ils étaient considérés comme des "voies de garage" et l'idée même d'une "intelligence de la main" était plutôt inexistante. Les temps semblent changer ... Aujourd'hui, on sait que la pratique artisanale dans les écoles est bénéfique à bien des égards. Elle permet d'améliorer les compétences cognitives, de prendre confiance en soi, de cultiver le goût de l'effort et du recommencement, et de mettre en place des stratégies pour résoudre un problème. C'est aussi une façon de mettre en pratique des enseignements académiques, comme les mathématiques, pour donner corps à la théorie et ainsi se réconcilier avec les matières scolaires.


C'est pourquoi j'ai été très heureuse d'avoir été sollicitée par l'association "De l'or dans les mains" et d'intervenir cette semaine à l'institution Sainte-Croix de Montivilliers (76), auprès de quelques dizaines d'élèves de 6ème.


Réintégrer la pratique artisanale au collège, c'est le pari de cette jeune association fondée en 2021 par Gabrielle Légeret, sa présidente, qui propose de changer la représentation chez les jeunes des métiers d'art dits "manuels", mais aussi de leur donner l'occasion d'y toucher ! Expliquer son parcours, puis permettre aux jeunes d'expérimenter les gestes, les initier à la matière et à comprendre les étapes de fabrication pour faire le lien entre programme scolaire et pratique artisanale : pour moi, cela a été une expérience intense et riche du sens que je donne depuis toujours à mon activité. Elle m'a confirmé l'intérêt de contribuer à faire évoluer le regard de chacun sur les métiers manuels, la nécessité évidente de communiquer sur leur importance autrement qu'avec de simples discours : il faut apporter une certaine proximité pour échanger vraiment, partager mieux et enfin comprendre ou se faire comprendre. Pour susciter les vocations dont nous manquons cruellement après les avoir si longtemps négligées, mais aussi pour mieux valoriser l'intelligence de la main à l'école.

Récemment, un grand plan métiers d'art a été annoncé par les ministres de la culture et des PME, du commerce, de l'artisanat et du tourisme. Gabrielle Legeret y a été associée pour être en charge de l'axe jeunesse. Main dans la main avec l'Onisep, le Ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, le Mobilier national, le pass Culture et l'Institut National des Métiers d'Art (INMA), ce sont des actions concrètes qui vont être déployées sur tout le territoire, pour donner à chaque jeune la possibilité d'expérimenter les métiers d'art dans son parcours. Les choses avancent avec un beau projet pour encourager et valoriser les talents de chacun !


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