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" Titi " : le projet multi challenges

Mis à jour : août 17

La plupart des rencontres que je fais me renvoient une image de moi où je serais dotée d'un don extraordinaire et de pouvoirs quasi surnaturels : je serais une sorte de fée capable de tout et dont le moindre projet ne pourrait qu'être voué à la réussite. En tant que " véritable " " artiste " (ce sont vos mots), je serais capable de tout et j'aurais un contrôle et une maîtrise absolus sur mon travail. J'ignore toujours ce qu'est un.e " véritable " " artiste ", mais je peux vous assurer que cela ne se passe pas ainsi : en ce qui me concerne, je souffre, et souvent 😂. Il arrive que les pièces que vous voyez achevées au sein de mon atelier résultent d'une progression qui ne se déroule pas toujours comme je l'aurais imaginée ou voulue. Le challenge est partout : depuis la mise en forme jusqu'à la dernière touche de peinture, je m'adapte souvent, je change d'idée, j'évolue et globalement cet ensemble d'étapes est ma raison de vivre, ce qui me porte, me pousse ou me tire toujours plus avant, me permet de me dépasser et c'est exactement ce qui rend mon travail intéressant et me remplit de bonheur. Mais je souffre aussi, sachez-le. Sachez encore que parfois et c'est tout aussi heureux, tout va très vite au contraire qui me donne le sentiment d'être habitée par d'autres mains que les miennes. En dehors de toute considération commerciale, ce qui m'anime, c'est avant tout l'exercice : son originalité ; son innovation, avec ses joies des bons jours et ses difficultés des jours moins heureux ; et par-dessus tout, vous l'aurez compris, l'approche et la fraîcheur du regard sur l'objet à réaliser, la technique, l'apprentissage ... Pour la création dont je vais vous parler ici, j'ai été particulièrement comblée ! Cette commande m'a été faite à distance et je vous l'annonce d'emblée : le chat dont il est question n'est pas " mon " chat. Vous constaterez rapidement que si son matériau reste le même (le papier mâché) il n'a rien en commun avec mon travail habituel dans sa finalité. Mes mains se sont mises au service de l'acheteur, avec lequel j'avais été claire dès le départ : j'essaie, je " donne mon jus ", sans aucune obligation d'achat de sa part. Se mettre au service de l'acheteur, c'est bien le premier bonheur et le plus gros challenge : parler, questionner, avoir suffisamment d'empathie pour comprendre son attente afin d'y coller au plus près mais pas que. Car un autre exercice se calque très vite sur ceux-là qui réside dans nos regards mutuels. Dans le regard siègent non seulement l'organe (l'oeil) mais encore ... des émotions. Par exemple : ici, il voit son chat élancé quand de mon côté je suis convaincue d'avoir un bon joufflu et là il jugera ses yeux ou son nez plus allongé ou plus plat quand j'aurai peut-être évalué l'organe différemment ... c'est un jeu d'interprétation permanent " Titi ", c'était son nom, était un chat dont la triste vie, des maladies et la personnalité ont beaucoup marqué ses propriétaires (d'où cette commande de Mr pour l'offrir à sa femme) qui entraine alors rapidement son deuxième challenge : faire plaisir à Mr ... qui veut faire plaisir à son épouse. Pression énorme en ce qui me concerne. J'avais un délai très confortable : un an. Pourtant ... Impossible de m'y mettre immédiatement. De toutes les façons, il fallait absorber, penser, réfléchir ... tout en continuant mon travail habituel, en travaillant parallèlement sur d'autres commandes ... Le temps passait (les mois ... ) et il fallait bien commencer à un moment ou à un autre. C'est mon travail et pourtant, cette fois, j'avais plus peur que de coutume. Plus j'y pensais, moins j'arrivais à m'y mettre. Et réciproquement. Le temps passait encore et je ne sentais toujours pas venir le déclic dont j'avais besoin. J'ai fini par me bousculer sérieusement : un jour, j'attrape deux ou trois choses autour de moi, une frite de piscine, du fil de fer et je construis une forme grossière. Et pour me contraindre à démarrer ce travail j'annonce un nouveau projet sur les réseaux sociaux en diffusant une photo, imaginant qu'ainsi, il faudrait bien que je m'y colle :



Ca vous parle ? 😂 C'aurait pu être le point de départ. Tous mes travaux démarrent à partir de tout et de rien. Mais le projet était trop ambitieux et méritait beaucoup mieux ! Cette photo était une blague bien sûr, pour me forcer à démarrer. Parce que je me rendais compte que ce chat me terrorisait. Je ne saurais vous expliquer pourquoi. Ou encore, j'aurais bien des explications : le poids de travailler sur un chat décédé, chose que je n'avais absolument pas envisagée au départ ; ses yeux vairons, qui finalement m'impressionnaient plus que je ne l'aurais imaginé ; sa couleur blanche ... le blanc est une couleur que je déteste. Elle me met extrêmement mal à l'aise, elle représente pour moi le vide absolu ... la mort justement. Blague ou pas, la photo a fonctionné. Le travail s'est mis en place jusqu'à ce que ... badaboum : le confinement ! Déstabilisée comme nombre d'entre nous, il aura fallu encore un peu de temps : pour m'adapter à un nouvel environnement, créer un nouvel espace de travail ... et m'y remettre !

Je suis repartie de zéro en essayant la technique de Jonni Good, grande prêtresse du papier mâché par-delà l'atlantique. Cela faisait plusieurs années que j'avais en tête de tester sa méthode, qui consiste à créer un profil à partir d'une planche de carton avant de créer les volumes en papier puis d'appliquer une argile de papier dont elle donne la recette sur son blog : Ultimate Paper Mache. Je n'ai conservé de son idée que le point de départ (le profil sur carton et le rembourrage de papier) et j'ai poursuivi à ma façon (avec mes bandelettes de papier).


La première fois, les proportions étaient bonnes, mais mon gabarit était trop grand 😥, j'ai du recommencer.




" Titi " ne s'est vraiment pas laissé faire, je me suis souvent arraché les cheveux ! Mais aujourd'hui, il est terminé. Il y avait des demandes précises : les yeux, le nez, la couleur du pelage bien sûr (😰) ... Ce n'est donc pas vraiment " mon " chat, ce n'est pas celui que j'aurais fait, mon regard a souvent été différent de celui de ses propriétaires, mais c'est le chat qui était attendu et je suis heureuse d'avoir honoré cette attente.




J'ai A-DO-RE ce travail où j'ai beaucoup appris de l'exercice d'une commande à distance, de nos perceptions et attentes à chacun, de nos sensations émotionnelles selon que nous sommes d'un côté ou de l'autre des attentes en questions, de nos interprétations du langage ou du sentiment de l'autre également ... Oui : j'ai donné mon jus !

" Titi " part à la fin du mois. Je m'y suis énormément attachée. Il me manque déjà !



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