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Chaise : J11/J35

16 oct.
2 min de lecture

Avant d'être, il faut peut-être apprendre à devenir. En toute simplicité… et ça prend du temps. Parfois, ça prend même beaucoup de temps ! La société d'aujourd'hui nous enseigne la rapidité avant tout. L'immédiateté. L'accès facile, fulgurant. Elle nous laisse croire qu'il suffit de cliquer pour avoir. Mais… permettez-moi : les choses ne se passent pas ainsi. Je le vois tous les jours. Et je sais que si vous êtes ici, c'est que vous le voyez aussi ! Je vous donne aujourd'hui quelques nouvelles de la chaise/fauteuil/whatever they say it is… :-)

En l'état, techniquement J11. En réalité, J34... C'était une journée paisible. En fond sonore (la porte de l'atelier était ouverte car il faisait très beau), Cambremer accueillait des visiteurs anglais. C'était très exotique. Ca me rappelait ma jeunesse, mes 17 ans à Londres et l'excitation de vivre les 80 ans de la Queen Mum aux grilles de Buckingham Palace... autre temps ... c'était le XXe Siècle... ça me renvoyait à de nombreux souvenirs... Et puis... la réalité. Il a fallu détruire quelques heures de travail. Pour obtenir une certaine ligne. Ou une certaine exigence. Ou un certain équilibre. Je ne sais pas trop. Un alignement, peut-être, tout simplement ? Une justesse… Créer, c'est aussi souvent devoir détruire. Et parfois c'est même même incontournable. Pour parvenir à… on n'est jamais forcément certain de quoi. Ce dont on est sûr : c'est qu'il faut casser, ça ne va pas ! La création nous révèle à nous-mêmes. On y puise notre vécu, on s'appuie sur l'expérience, sur ce qui a fonctionné, sur ce qui a échoué aussi. Pour mieux rebondir. Pour transformer. Pour transcender. Pour embellir, enfin (bien sûr ! sinon : à quoi bon ? ). Pour poursuivre cette quête permanente du dépassement... Pendant ce temps, les questions affluent… Et si, finalement, la création n'était que le miroir des relations que nous vivons ? Bousculer les certitudes. Défaire ce qu'on croyait établi. Réinventer. Apprendre à REGARDER AUTREMENT CE QUI NOUS ENTOURE. Parfois, il faut même briser le miroir pour découvrir une autre façon de (se) regarder. Tout cela demande du temps. Du temps pour comprendre. Du temps pour défaire. Du temps pour reconstruire. Il faut accorder de la valeur à ce qui est. À ce qui a été. Même à ce qui ne sera plus. Et surtout, surtout : il faut apprendre à faire renaître ce qui existe. Autrement. Faire du beau avec du moche, c'est ne jamais considérer que l'histoire est terminée. 

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