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De l'influence des muses

La condition de l’artiste résulte souvent d’une perception plus ou moins exacerbée de son environnement, de sa culture ou de son vécu. L’oeuvre de Niki de St Phalle trouve sa source dans l’inceste subi. Celle de Louise Bourgeois n’a de cesse de tourner autour de l’adultère de son père. Camille Claudel aura de son côté étouffé sous le poids du joug familial et de la pression sociale.

Les morceaux de papiers caressés de colle pour s'assembler en formant des superpositions de couches (de papier) sont autant de pansements déposés sur une structure qui n’est autre que moi-même à chaque fois, et qui pourtant n’est jamais la même. Les chocs assenés par le passé, venus de toutes parts et de n’importe où, se révèlent au travers de constructions tantôt animales, tantôt humaines, souvent personnifiées : la sculpture achevée n’est que la cicatrice d’une longue résilience.



Mes sculptures en papier mâché, tantôt gigantesques ou quasi fantasmagoriques comme les oeuvres de Louise Bourgeois ou de Nikki de St Phalle, tantôt aussi fines par leur style que torturées par la matière, comme chez Claudel rapprochent intrinsèquement ma démarche de ces femmes de passion qui ont exploité leur art pour transcender leurs traumatismes respectifs.




Technique de l'une, fantasme de l'autre, condition de la troisième : chacune de ces sensibilités me rapproche de leurs auteurs, dans une quête d’exorcisme qui permet à la fois de renaître par le geste et qui annihile un état ravageur pour construire un monde enchanteur au travers d’un traitement du média utilisé qui se révèle très personnel.


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