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La dentelle normande

J'aime les petits pas de côté qui me font découvrir de belles choses et nourrissent mon âme.


L'exposition actuellement proposée à la Grange aux Dîmes de Cambremer par l'association DBCC (Dentelles et Blondes, Caen et Courseulles-sur-Mer) est un petit pas de côté. Une surprise à laquelle je ne m'attendais pas.


Je m'y suis rendue par curiosité et à peine la porte poussée, j'ai été happée par l'ensemble.


Tout d'abord, il y a eu cette transition inattendue entre la canicule extérieure et l'air tellement agréable que diffusaient des ventilateurs, bien mieux selon moi qu'une climatisation ne l'aurait fait. Ce premier ressenti donnait déjà envie de prendre le temps de découvrir cette immense salle, magnifiquement installée.


La finesse des ouvrages m'a immédiatement impressionnée. Les dentelles anciennes, d'une délicatesse infinie, témoignent d'un savoir-faire d'exception. Mais ce qui m'a particulièrement frappée, c'est l'atmosphère du lieu.


Cette exposition est profondément humaine. Pardon de le souligner mais, c'est si rare !


Ici, les exposants ne se contentent pas d'accrocher des œuvres aux murs avant d'attendre le visiteur. Ils sont présents. Ils travaillent sur place. Ils expliquent, racontent, démontrent. Ils prennent le temps. Celui de répondre à une question, de détailler une technique, d'évoquer l'histoire d'un motif ou de partager une anecdote historique.


Personnellement, à une époque où tout doit toujours aller plus vite, j'ai savouré cette disponibilité comme on savoure toute chose devenue exceptionnelle.


J'ai été particulièrement touchée par la générosité qui se dégage de cette exposition. On sent immédiatement que ces passionnés ne font pas semblant. Ils ne sont pas là pour assurer une simple permanence ou présenter quelques réalisations. Ils sont là pour transmettre. Ça se sent vraiment.


Et ça change tout.


La dentelle normande n'est pas un objet figé derrière une vitrine. Elle vit sous nos yeux. On peut observer les dentellières faire danser leurs fuseaux de buis avec une dextérité impressionnante. Un peu plus loin, un conférencier échange avec des visiteurs, répondant avec enthousiasme aux interrogations.


On ressort de cette visite grandi.


L'association DBCC œuvre depuis de nombreuses années à l'enseignement et à la sauvegarde du patrimoine dentellier normand. Ses bénévoles dispensent des cours à Caen, Courseulles-sur-Mer et Sannerville, organisent stages, conférences et expositions, tout en menant un remarquable travail de conservation du patrimoine. Grâce à leur engagement, de nombreuses dentelles anciennes sont sauvegardées avant de rejoindre, à terme, les collections du Musée de Normandie.


L'exposition permet notamment de découvrir de magnifiques dentelles anciennes, un somptueux châle polychrome de Courseulles, mais aussi les petites croix réalisées en hommage aux soldats tombés lors du Débarquement de 1944. Un ensemble particulièrement émouvant qui rappelle combien l'art peut aussi être porteur de mémoire.

dentelle normande

Au fil de la visite, on découvre également l'origine du terme « Blondes ». Dès le XVIIIe siècle, les dentelliers caennais innovèrent en travaillant la soie plutôt que le lin. Les reflets dorés et chatoyants de cette nouvelle production évoquèrent alors les cheveux blonds des élégantes de l'époque, donnant ainsi son nom à cette dentelle devenue emblématique de notre région.


Cette exposition est, à mes yeux, une réussite totale.


Par sa qualité, bien sûr. Par la richesse des pièces présentées. Mais surtout par sa profondeur, sa sincérité et l'investissement remarquable de toutes les personnes qui la font vivre.


Ne passez pas à côté de ce rendez-vous.


L'exposition se tient jusqu'au dimanche 28 juin à la Grange aux Dîmes de Cambremer. L'entrée est libre et certaines pièces sont proposées à la vente.


Soutenir cette exposition, c'est soutenir le patrimoine dentellier normand. C'est soutenir le patrimoine, tout court.

C'est soutenir l'art, tout simplement.


Si vous manquez ce rendez-vous, l'association DBCC expose régulièrement.


Contact : Michel Bouvot, tél. 09 50 29 62 43.

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